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Shilajit : sept idées reçues passées au crible des études

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Rarement un complément aura généré autant de certitudes contradictoires. Le shilajit, cette
résine noire de l’Himalaya, est tantôt présenté comme un élixir ancestral, tantôt comme une
mode dangereuse. Entre les deux, il existe des faits, quelques essais cliniques et beaucoup
de raccourcis. Voici les sept affirmations qu’on lit le plus souvent, confrontées à ce que l’on
sait réellement.

1. « C’est une roche »

Faux, ou plutôt à moitié. Le shilajit n’est ni un minéral ni une plante, mais le produit de la
décomposition, sur des siècles, de végétaux et de micro-organismes piégés dans les strates
rocheuses de haute altitude. Il en sort sous forme d’exsudat quand la chaleur réchauffe la
pierre. Sa composition reflète cette double origine : de l’acide fulvique en grande quantité,
des dibenzo-alpha-pyrones et des minéraux à l’état de traces.

2. « C’est un dopant naturel »

Non. Le shilajit ne figure sur aucune liste de substances interdites, et les essais ne montrent
rien qui ressemble à un dopant. L’étude la plus solide, publiée en 2019 chez 63 hommes
actifs, mesure une meilleure conservation de la force maximale après un protocole de
fatigue et une baisse d’un marqueur de dégradation du collagène, après huit semaines à
500 milligrammes par jour. C’est un effet de soutien de la récupération, pas une
augmentation de la performance brute.

3. « Plus il est noir et brillant, plus il est pur »

L’aspect ne dit rien de la qualité. Une résine brute peut être très sombre et contenir des
métaux lourds à des niveaux problématiques, ce que plusieurs analyses de produits vendus
en ligne ont documenté. Les seuls critères fiables sont la purification, un certificat d’analyse
des métaux lourds disponible et une teneur en acide fulvique indiquée sur l’étiquette.

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4. « On sent l’effet en quelques jours »

Les essais cliniques disent le contraire. Tous portent sur des prises quotidiennes de huit à
douze semaines, et les effets mesurés apparaissent à l’issue de ces périodes. L’étude de
2016 sur 96 hommes de 45 à 55 ans, qui a observé une hausse de la testostérone totale et
libre, s’étalait sur 90 jours. Un effet ressenti en trois jours relève de l’attente, pas de la
résine.

5. « C’est réservé aux hommes »

Les essais sur la testostérone ont donné cette image, mais ils ne racontent qu’une partie de
l’histoire. L’étude de 2019 sur la force musculaire, le travail de 2016 sur les gènes de la
matrice extracellulaire dans le muscle et les données sur la fatigue concernent la
récupération et l’énergie, sans distinction de sexe. Une étude publiée en 2019 sur la peau
de femmes d’âge moyen a même observé une activation des gènes liés au collagène et à la
microcirculation. Le shilajit reste en revanche déconseillé pendant la grossesse et
l’allaitement.

6. « Résine ou gélules, c’est pareil »

Pas tout à fait. Les essais cliniques utilisent des extraits purifiés et standardisés, dont la
teneur en actifs est contrôlée. La résine pure a l’avantage de l’intégrité de la matière et du
dosage souple, à la taille d’un grain de riz ; les gélules d’extrait standardisé ont celui de la
reproductibilité exacte des doses étudiées. Le vrai critère est ailleurs : que la forme choisie
soit purifiée, titrée et analysée. Le shilajit purifié Nutrition•pro coche ces trois cases en
résine récoltée à plus de 5 100 mètres et analysée par lot, et la marque le propose aussi
sous la forme Primavie®, l’extrait standardisé de la plupart des études.

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7. « C’est sans aucun risque, c’est naturel »

Naturel ne veut pas dire anodin. Outre la question des métaux lourds dans les produits non
purifiés, le shilajit est riche en fer, ce qui impose la prudence en cas d’hémochromatose.
Des élévations de l’acide urique ont été rapportées, les personnes sujettes à la goutte
demanderont un avis médical, de même que celles sous traitement hormonal ou
anticoagulant. Grossesse et allaitement restent exclus, faute de données.

Ni élixir ni poison : le shilajit est une substance traditionnelle sur laquelle une poignée
d’essais cliniques convergents ont mesuré des effets modérés, sur la récupération et le
terrain hormonal masculin, au bout de plusieurs semaines de prise régulière et à condition
d’un produit purifié. C’est moins spectaculaire que les vidéos, et nettement plus utile.

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